Un projet en copro ? 🏢
Pour cette nouvelle année 2025, le secteur de la rénovation énergétique en copropriété s’apprête à accueillir son lot de changements. Entre les interdictions liées au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), l’obligation de Projet de Plan Pluriannuel de Travaux (PPPT) ou encore les nouvelles modalités des aides financières, Hellio fait le point sur l’ensemble des évolutions majeures du secteur pour l’habitat collectif.
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L’ESSENTIEL HELLIO :
Anciens DPE invalides, DPE collectifs obligatoires, DPE classés G interdits à la location, loi Airbnb, voici un récapitulatif de toutes les évolutions relatives au diagnostic de performance énergétique.
En juillet 2021, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) a été profondément révisé et renforcé pour garantir une meilleure précision et une plus grande clarté. En conséquence, tous les DPE établis avant cette date perdent progressivement leur validité selon les délais suivants :
Ainsi, si le diagnostic est caduc, un nouveau DPE devra être réalisé dans les cas suivants :
Le DPE collectif est un bilan énergétique qui analyse la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’un bâtiment entier. C’est la loi Climat et résilience d’août 2021 qui impose aux bâtiments résidentiels collectifs (lorsque le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013) de réaliser un DPE collectif.
Cette obligation s'échelonne sur plusieurs années selon la taille de la résidence :
Ainsi, ce DPE devra être renouvelé tous les 10 ans, sauf si celui-ci est réalisé après le 1er juillet 2021 et qu’il indique que le bâtiment est classé A, B ou C.
À partir du 1er janvier 2025, les logements permanents (privés et sociaux) classés G sur le DPE seront interdits à la location, étant désormais considérés comme indécents par la loi Climat et résilience. Pour rappel, voici le calendrier des interdictions de location progressives :
Ces interdictions concernent les nouveaux baux ainsi que les contrats renouvelés ou reconduits tacitement après ces dates.
L’ajournement de l’interdiction de location des classes G en copropriété avait été envisagé, suite aux annonces de Valérie Létard, la Ministre du Logement et de la Rénovation urbaine, lors d’une interview accordée à France Info en octobre 2024.
Le 29 janvier 2025, l’Assemblée nationale a rejeté la proposition de loi qui proposait cet assouplissement restreint et encadré de l’interdiction de location des passoires énergétiques dans des situations spécifiques.
La loi Airbnb du 19 novembre 2024 instaure 4 grandes mesures pour contraindre les meublés de tourisme et limiter la crise du logement permanent :
La loi Airbnb interdit progressivement les locations touristiques, jusqu’à présent exemptées de l’interdiction de location des passoires énergétiques de la loi Climat. En effet, les meublés touristiques entrent désormais dans le périmètre de l’interdiction au même titre que les locations privées et sociales.
À partir des échéances suivantes, il est obligatoire de présenter un DPE ayant une classe énergétique minimale :
Les copropriétés bénéficient désormais de mesures spécifiques pour mieux encadrer les locations de courte durée. Les modalités détaillées de ces nouvelles mesures seront prochainement précisées par des textes réglementaires.
Avec la loi Airbnb, la procédure d’enregistrement à la mairie de son meublé de tourisme est désormais obligatoire. Chaque location touristique se verra attribuer un numéro d’enregistrement au plus tard le 20 mai 2026.
En outre, dans les communes où plus de 20 % des logements sont des résidences secondaires ou qui appliquent la taxe annuelle sur les logements vacants, les maires pourront instaurer des quotas pour les autorisations de locations touristiques. Ils pourront également réserver des zones spécifiques à la construction de résidences principales dans le cadre de leur plan local d’urbanisme (PLU).
Enfin, à partir de 2025, les communes auront la possibilité de limiter à 90 jours/an la durée maximale de location des résidences principales à des touristes, contre 120 jours/an précédemment.
À partir de 2025, la loi réduit les abattements fiscaux du régime “micro-BIC”. Pour les meublés classés et chambres d’hôtes, l’abattement passe à 50 % (avec un plafond de 77 700 € de revenus locatifs annuels, contre 71 % auparavant dans la limite de 188 700 €). Pour les meublés non classés, l’abattement est ramené à 30 % (avec un plafond de 15 000 € de revenus locatifs annuels, contre 50 % auparavant dans la limite de 77 700 €).
Concerné par l’interdiction de location ? Hellio vous guide
Mis en place par la loi Climat et résilience, le Projet de Plan Pluriannuel de Travaux (PPPT) est un rapport qui présente une liste de travaux collectifs à entreprendre au sein d’une copropriété, selon son état. L’objectif est d'anticiper et de planifier les travaux nécessaires sur 10 ans, tout en ayant une vision claire des dépenses à prévoir.
Ce PPPT contient deux ou trois Plans Pluriannuels de Travaux (PPT), autrement dit des scénarios de travaux qui répondent aux besoins de la copropriété, en matière de sauvegarde du bâtiment, de santé et de sécurité des résidents, d’économies d’énergie et de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
L’obligation de réaliser un PPPT entre en vigueur de manière progressive, selon la taille de la copropriété :
Autrement dit, toutes les copropriétés sont à présent concernées par cette mesure !
L’INFO HELLIO :
Les immeubles en monopropriété ne sont pas concernés par cette obligation.
Seule l’élaboration du PPPT est obligatoire, l’adoption ou non d’un PPT est votée à la majorité absolue par le syndicat des copropriétaires.
Exceptions à l’obligation : le syndicat est exempté de mise en place du PPPT si un diagnostic technique global (DTG) du bâtiment ne montre aucun besoin de travaux dans les 10 années qui suivent sa réalisation.
👉 À lire aussi : comment rendre un immeuble écoresponsable ?
Instauré par la loi Alur de 2014, le fonds de travaux est une épargne obligatoire mise en place dans un immeuble collectif. Il est financé chaque année par l'ensemble des copropriétaires, chacun contribuant proportionnellement à sa quote-part. Cette réserve sert notamment à financer les travaux indiqués dans le PPPT (travaux urgents, de rénovation énergétique d'un immeuble ou encore la réalisation d’un DTG).
L’obligation de constituer un fonds de travaux a été révisée à compter du 1er janvier 2023.
Avant janvier 2023, les immeubles n’étaient pas tous concernés par cette obligation.
La constitution d’un fonds de travaux était obligatoire après une période de 5 ans suivant la date de la réception des travaux.
De surcroît, lorsque l'immeuble comportait moins de 10 lots, le syndicat pouvait décider de ne pas réaliser un fonds de travaux par un vote à l'unanimité de l'assemblée générale.
Enfin, si le diagnostic technique global (DTG) avait été effectué et ne mettait en évidence aucun besoin de travaux dans les dix années à venir, le syndicat était exempté de cette obligation, tant que le diagnostic reste valide.
Désormais, le fonds de travaux est obligatoire après une période de 10 ans à compter de la date de la réception des travaux de construction.
Cette obligation devient progressivement obligatoire pour les copropriétés selon les mêmes échéances que l’obligation de PPPT :
Au 1er janvier 2025, la réglementation environnementale 2020 (RE2020) étend son interdiction d'installer un chauffage fonctionnant au gaz dans les logements neufs aux copropriétés. En effet, pour les maisons individuelles neuves, l'interdiction a pris effet en janvier 2022.
Concernant les logements existants, aucune interdiction d'installer un chauffage au gaz n'est prévue. Toutefois, les aides financières, telles que MaPrimeRénov' Copropriété et les Certificats d'économies d'énergie ne peuvent plus financer l'installation de chauffages au gaz (plus d'informations dans la suite de l'article).
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Ce dispositif, éligible à de nombreux secteurs (particuliers, copropriétés, entreprises...), permet de financer une partie de travaux d'économies d'énergie. Il existe deux primes CEE : les primes classiques (répertoriées dans des fiches d'opérations standardisées - FOST) ainsi que les Coups de pouce (des bonifications de certaines primes classiques).
Depuis décembre 2023, les ménages équipés d’un chauffage individuel pouvaient bénéficier de la prime "Coup de pouce pilotage connecté du chauffage pièce par pièce" pour installer un thermostat connecté, avec une aide pouvant atteindre 624 €. Cette aide, issue du dispositif des Certificats d’économies d’énergie (CEE), a été suspendue suite à un arrêté publié au Journal officiel le 21 novembre 2024, en raison de nombreuses arnaques.
Elle sera de nouveau accessible une fois qu’une version plus sécurisée sera mise en place. En attendant, la prime CEE classique correspondant à la fiche BAR-TH-173 reste disponible. En effet, le Coup de pouce Thermostat est une bonification de cette prime, c’est pourquoi son montant est plus élevé par rapport à la prime classique.
Enfin, pour les demandes de prime classique engagées après le 22 novembre 2024, le taux de contrôle par contact a été renforcé, passant à 80 %.
La prime Coup de pouce du dispositif des Certificats d’économies d’énergie a été révisé dans le cadre du 63e arrêté publié le 6 septembre 2024 au Journal officiel.
Ce texte a supprimé la fiche d’opération standardisée (FOST) “BAR-TH-145” et son Coup de pouce afférent, pour les remplacer par une nouvelle fiche “BAR-TH-177” et une nouvelle version du Coup de pouce. Le but de cet arrêté est de lutter contre les soupçons de fraudes en instaurant les 5 changements suivants.
Lorsque le raccordement à un réseau de chaleur ne peut être réalisé, le remplacement d'un système de chauffage et/ou de production d’eau chaude sanitaire (ECS) ne peut plus conduire à l’installation de chauffages fonctionnant au gaz à plus de 30 % de taux de couverture pour obtenir le Coup de pouce.
| Types de travaux | Coup de pouceBAR-TH-177 | Prime classiqueBAR-TH-177 |
| Pour des travaux de rénovation globale incluant le remplacement de chauffage au charbon, au fioul ou au gaz par un système fonctionnant majoritairement aux énergies renouvelables |
41 €/m² minimum (6,508 x 2,1 x 3) |
13,65 €/m² (6,5 x 2,1) |
| Pour d'autres travaux de rénovation globale |
27 €/m² minimum (6,429 x 2,1 x 2) |
Au moins trois foyers fiscaux distincts rattachés à des logements distincts sont désormais exigés. En outre, pour se conformer aux conditions de MaPrimeRénov', les copropriétés de plus de 20 lots doivent comporter au moins 75 % de lots destinés à l’habitation principale, tandis que celles de 20 lots ou moins doivent en compter au moins 65 %.
Plusieurs documents sont requis tels que la synthèse de l’audit énergétique, la liste des travaux préconisés, la liste des entreprises ayant réalisé les travaux, les attestations fiscales des foyers fiscaux, etc.
Désormais, 100 % de contrôles COFRAC (Comité français d'accréditation) sont effectués après l'audit et après le chantier, avec la transmission des synthèses.
En dépit de son montant supérieur, le Coup de pouce impose des critères d'éligibilité plus rigoureux que la prime classique :
| Critères d'éligibilité |
Coup de pouceBAR-TH-177 |
Prime classiqueBAR-TH-177 |
| Gain énergétique d'au moins 35 % obligatoire |
✅ |
✅ |
| Audit énergétique obligatoire (ainsi que son fichier source et la liste des travaux préconisés) |
✅ |
✅ |
| Bonification de la prime selon les travaux |
✅x2 ou x3 |
❌ |
| Au moins 75 % des lots principaux sont dédiés à l'habitation principale pour les copropriétés de plus de 20 lotset au moins 65 % pour celles de 20 lots d’habitation ou moins |
✅ |
❌ |
| Entreprise signataire de la charte obligatoire |
✅ |
❌ |
| La liste du professionnel ayant réalisé l'audit, les intervenants assurant la maîtrise d'œuvre, les entreprises ayant réalisé les travaux de rénovation ainsi que l'accord de la copropriété autorisant les travaux |
✅ |
✅ |
| Attestation fiscale des foyers d'au moins trois foyers fiscaux |
✅ |
✅ |
| Fin de la prime |
31 décembre 2027 |
31 octobre 2029 |
Le nouveau Coup de pouce est entré en vigueur à partir du 1er novembre 2024, il peut être engagé jusqu'au 31 décembre 2025 et achevé jusqu'au 31 décembre 2027. Les opérations engagées avant le 1er novembre 2024, avec l’ancienne fiche BAR-TH-145 ou son Coup de pouce, doivent être achevées (date de facture) jusqu'au 31 décembre 2026.
Les copropriétés suivantes peuvent être exemptées des nouvelles dispositions jusqu’au 28 février 2025 si :
En outre, le 64e arrêté et le 65ᵉ arrêté CEE ont notamment prévu les changements suivants au 1er janvier 2025 :
La version collective de MaPrimeRénov' est toujours disponible en 2025 et les montants éligibles restent inchangés. Seules deux conditions évoluent en 2025 : la fin du chauffage au gaz et l'audit réglementaire obligatoire.
Le remplacement du chauffage par une chaudière collective au gaz ne fait plus partie des travaux éligibles à la prime de l’Anah (Agence nationale de l’habitat) dédiée aux copropriétés. Cela permet donc à MaPrimeRénov’ Copropriété de s’aligner sur la nouvelle évolution du Coup de pouce Rénovation globale d’un immeuble collectif.
Une période transitoire sera mise en place pour les copropriétés qui adoptent un projet de remplacement de chauffage au gaz avant le 30 juin 2025.
L’audit énergétique du bâtiment (réalisé avant les travaux) doit respecter les prescriptions de l’audit réglementaire à partir du 1er janvier 2025, pour être éligible :
Les audits non réglementaires sont valides jusqu’au 31 décembre 2026.
À noter : l'audit réglementaire était obligatoire dès avril 2024 pour obtenir ces aides en logement individuel. Les copropriétés ont bénéficié d'un délai supplémentaire.
Dès janvier 2025, ces travaux deviennent éligibles au taux de TVA réduit à 5,5 % (au lieu de 10 ou 20 % pour d'autres prestations) :
À l'inverse, d’autres travaux ne sont plus disponibles en 2025 :
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